Il était une fois...moi...là bas

04 novembre 2015

Mon enfance

 

Née en 76, je vivais dans une famille aisée, dans un quartier tranquille de Kaboul, fille unique, je me prénomme Sadia.

Je vivais avec mes parents, dans une très grande maison et un grand jardin, bien entretenu par le jardinier, d'ailleurs, avant ma naissance une partie de la maison était loué aux nombreux touristes étrangers venant en visite en Afghanistan en passant par la route de la soie...mais c'était à l'époque où il n'y avait pas encore la guerre !

Voici quelques photos de l'Afghanistan de 1960 à 1980 (la belle époque !) 

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Mes oncles et tantes côté paternel vivaient tous, le quartier, une porte communiquait entre les jardins, ainsi on pouvait se voir sans passer par la route. Dans cette famille, la plupart avait fait des grandes écoles et avait voyagé à l'étranger...très intellectuelle. Contrairement, la famille côté maternel, beaucoup était illettré dont ma mère, du coup d'avantage manuelle qu´intellectuelle.

Je ne me souviens pas très bien de mon enfance, j'ai quelques flashs d'événements, d'odeur, d'endroit, de certaines bêtises, des joies, des deuils, de l'école...

Mon père voulait que je sois la première de ma classe, il me poussait à l'apprentissage, répondait par écrit aux appréciations de mes profs, sur mon bulletin de note. On était noté sur 5, et j'avais toujours 5/5 dans toutes les matières, première de ma classe également ! On aurait dit qu'il y avait une sorte de compétition entre cousins et cousines, coté paternel, de qui ferait les meilleurs études. En tout cas mes parents, surtout mon père, était fière de moi !

Un de mes oncle vivait en France, un frère de ma mère, il avait vécu avec mes parents depuis son enfance jusqu'à son départ en France, je n'étais pas encore née à cette époque. il m'envoyait parfois des Legos ou d'autres jouets mais je ne le connaissais pas plus. Du coup je faisais ma belle avec mes jeux venus de la France.

 Je me souviens quand j'avais mangé le fromage en boîte qui venait de la Russie et le lait en poudre, j'en avais plein les dents et je regardais mon père droit dans les yeux en lui disant que je n'avais rien mangé du tout, il me demandait de baisser les yeux, mais je ne l'écoutait pas. Il s'était énervé et m'avait privé de mon repas en m'enfermant dans le garde manger, ce n'etait pas très malin, car j'ai pu me nourrir en me servant dans le garde manger.

Elle n'est pas mal celle là, plus petite, vers 5/6 ans avec une copine de mon âge, on voulait laver nos poupées et nous même, il n'y avait pas d'eau, alors on a prit nos pipi et on s'etait lavés, pour les dents, ma copine avait bu du pipi et avait vomit partout, on s'etait fait disputer très fort ! N'importe quoi. 

Mon père était diabétique, opéré à plusieurs reprises et affaiblit, il décède alors que je n'avait que 9 ans. Je vivais seule avec ma mère, du coup on avait loué une partie de la maison à une famille nombreuse (mon rêve). Ma Grand mère maternelle, une dame âgée, venait s'installer chez nous, soit disant pour ne ne pas qu'on se sente seule ! Non, c'était surtout qu'aucun autre des ses enfants ne voulaient d'elle.

Je n'aimais pas beaucoup ma grand mère, elle disait du mal des autres et critiquait tout, j'avais du mal à comprendre pourquoi elle était encore vivante alors que mon père était plus jeune et déjà mort.

 En Afghanistan, la télévision fonctionnait qu'à partir de 18h et terminait à minuit, en semaine et le dimanche (vendredi pour nous), il y avait des émissions le matin de 9h à 12h. C'était bien car on ne passait pas des heures devant un écran et on jouait, s'invitait les uns chez les autres, il y avait ce côté convivial et chaleureux, de partage et d'entre aide, qu'était plaisant à vivre, aujourd'hui, ces moments là me manquent beaucoup.

Ah, le Nawroz (nouveau jour), c'est le jour de l'an afghan, il corresponds au premier jour du printemps, le 21 mars, c'est une superbe fête, on rends visite chez toute la famille en commençant par les plus anciens, on met des vetements neufs, on cuisine des plats de fête, on fait le ménage du printemps (1ou2 jours avant, bien sûr !), il y a la fête foraine et surtout un plat spécial jour de l'an, qui est le Samanak, un plat à base de germe de blé, il est cuisiné par les femmes, qui chantent et dansent toute la nuit de la veille du jour de l'an, car la cuisson de ce plat prends 6 à 7 heures. On fait germer les graine de blé durant une semaine, ce la signifie le renouveau, l'arrivée du printemps, la terre fertile, c'est beau !... il y'a aussi le haft mewa (7 fruits), que l'on prépare en trempant sept fruits secs (noix, abricot sec, raisin sec, amandes, le fruit de baobab, pistaches et cerises séchées) dans l'eau pendant 7 jours, c'est une manière de dire au revoir à l'hiver en utilisant les fruits secs et saluer le printemps en trempant ces fruits (leur donner l'eau, la vie).

Il'y avait d'autres fêtes religieuses que j'aimais bien, tous rassemblés, on mangeait des délicieux plats afghan, une cuisine riche en goût, un mélange de saveur et d'épices laissé par nos nombreux envahisseurs, l'Inde, l'Angleterre, les grecs (Alexandre Legrand), les arabes, les russes... Ma mère cuisinait très bien et j'aimais bien l'aider et la regarder confectionner des plats. On pouvait faire sa pâte à pain et l'emmener chez le boulanger pour le faire cuire ou l'acheter directement. C'etait des fours en terre cuite et semi enterré (Tandoor).

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 Le Bazar (le marché), était mon endroit favoris, on y trouvait de tout, des fruits et légumes frais du coin, des épices, des tissus colorés, de la frippe venue de l'étranger, des vendeurs de thé (boisson principale) avec leur samovar, des vendeurs de Kabouly kabob (brochettes d'agneau marinées cuites au barbecue), on y trouvait du poisson de rivière, frit, des sucreries...L'odeur qui me faisait saliver, était l'odeur des kabobs.

Et la neige, c'était génial, pas d'école durant l'hiver car il faisait très froid et les écoles n'étaient plus chauffées, il n'y avait pas de chasse neige. La température pouvait descendre à -20c° et la neige dépassait parfois ma taille, tellement il y avait des centimètres ! Du coup on s'amusait en fabricant des toboggans avec des tas de neige super haut, le soir on versait de l'eau sur le tas bien tassé et ça gelait pour le lendemain, on glissait assis sur un sac en plastique ou un plateau en métal et c'était fantastique mais un peu dangereux.

On allait au moins 2 fois par semaine au hammam, j'adorais ces moments, en sortant, on se sentait tout léger et avec une peau de bébé toute douce et parfumée, on lavait nos cheveux avec de l'argile rouge et le corps a l'argile blanche, il y avait aussi du savon et du shampoing, généralement on se savonnait à la fin et se rinçait à l'eau froide.

Je devais avoir 11/12 ans, quand les bombardements se faisaient entendre un peu partout, beaucoup de gens quittait le pays sauf ceux qui n'avaient pas les moyens et ceux qui avaient de l'espoir.

Ma grand mère décède de vieillesse, 2 ans après avoir vécue avec nous, elle devait avoir environ 90 ans, nous revoilà seule avec ma mère, on avait quand même nos voisins qui louaient une partie de notre maison et quelques familles autour de nous, la guerre arrivait a grand pas vers la capitale, Kaboul... une partie de ma famille était parti à l'étranger (Allemagne, USA...), ma mère voulait vendre la maison pour construire un appartement au dessus des boutiques qui nous appartenaient ou partir pour fuir la guerre. Malgres tous ces événements, je suis toujours restée la première de ma classe sauf au décé de mon père (2eme). 

 On a vendu notre belle maison à ceux qui la louaient et on s'est installé chez une tante en attendant les travaux pour l'appartement, j'étais contente d'être avec mes cousins et cousines de mon âge, on allait à l'école ensemble et écoutait des chansons Boolywoodiennes sans cesse (en Afghanistan, les films indiens etaient très appréciés).

1989, retrait des troupes soviétiques, on avait chassé les russes qui ont fait beaucoup de dégâts. Mais la sécurité devenait de moins en moins stable. L'afghanistan est multi ethnique, une fois les russes partis, la guerre éclate entre les ethnies, chacun voulait sa place pour diriger le pays.... Bref, toujours la guerre !

 

 

 

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08 novembre 2015

L'adolescence

 Dans mon quartier il ne restait plus que nos boutiques de réparation de voiture et une cousine du côté de mon père qu'avait toujours sa maison, elle avait ces 2 grands garçons qui vivaient avec elle, tout le reste de la famille était éparpillé à l'étranger ou mort pour certains.

Je venais souvent avec ma mère, chez ma cousine, j'aimais bien me retrouver dans mon quartier et je m'y sentais bien. Les nouveaux propriétaires de notre maison avaient tout detruit pour reconstruire une autre maison, je regardais tristement mes souvenirs et tout ce que j'avais vécu dans cette maison, partir. Ma mère ne disait rien mais intérieurement elle avait du mal à voir sa maison detruite.

Je devais avoir pas loin de 14 ans, ma mère et moi étions invitées chez ma cousine, elle nous avait préparé des Auchaks (raviolis aux poireaux), une délicieuse spécialité afghane. Ce jour là on avait tous bien mangé, après un petit thé, ma mère voulait faire une sieste, elle avait jeté un coup d'œil par dessus le mur à notre maison et etait partie faire une sieste... Pour ne plus jamais se réveiller !

Je voulais la réveiller, cela faisait déjà une bonne heure qu'elle était partie à la sieste, impossible, j'avais appelé ma cousine, le médecin, ma tante chez qui on vivait...  Non c'était impossible, ma mère n'etait pas morte, elle ne m'avait pas abandonné, ca ne pouvait pas arriver, je n'y croyais pas... qu'est ce que j'allais faire, comment j'allais continuer à vivre ! 

Je pleurais toutes les larmes de mon corps, je hurlais, je m'arrachais les cheveux me griffant le visage et les yeux, je voulais me reveiller, mettre fin à ce cauchemar .... Eh oui, j'étais bel et bien seule, orpheline à 14 ans.

On a enterré ma mère à côté de mon père, toute la famille était présente (ceux qui n'étaient pas partis à l'étranger), nos voisins, des amis étaient là aussi. En Afghanistan, lors d'un décès, la famille reste ensemble durant 3 jours, il y a des cuisiniers qui préparent des repas, on distribue un repas à la mosquée (la part du défunt) pendant 40 jours, on dis que l'âme de la personne décédée reste présent pendant 40 jours pour s'assurer que la famille se remette petit à petit de son départ pour toujours, et puis une fois rassurée elle s'en va.

Je faisais une petite prière pour mes parents et j'amenais un repas à la mosquée tous les midis et soirs, pendant 40 jours.

 

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09 novembre 2015

La solitude

Me voilà toute seule, triste, en colère... 

Quelques tantes et oncles sont restés avec moi pendant 3 jours en se relayant et puis il fallait décider de, où j'allais vivre et comment j'allais faire. J'avais décidé de rester chez ma cousine où ma mère était décédée, cette décision n'avait pas plu à ma tante (la sœur de ma mère), chez qui on vivait avec ma mère en attendant notre appartement. Elle avait même dit que ma cousine avait empoisonné ma mère avec son plat.

Bref, on a récupérer mes affaires, tout nos affaires et j'ai emménagé chez ma cousine et ces 2 fils. Il y avait trop d'affaires, meubles, bibelots, vetements, livres, bijoux, des tapis afghan fait main, vaisselle en porcelaine ... Une bonne partie était stocké dehors, dans le jardin et sans protection, j'avais mal au cœur de voir mes affaires s'abîmer. Un marchand est venu nous proposer 30000 afghanis, une somme dérisoire, pour tout acheter, du coup tout a été vendu et débarrassé sauf les bijoux de ma mère et 2 tapis.

Un cousin et une cousine du côté de mon père ont décidé de s'occuper des livrets de banque de ma mère et moi car il y avait l'argent de la vente de notre maison dessus, ma cousine m'a également demandé un collier que soit disant ma mère lui avait promis, que je lui ai donné, la cousine qui m'hébergeait m'a également récupéré une autre parure de bijoux en or de ma mère, je n'avais plus rien de ma mère. 

J'allais de moins en moins à l'école car la plupart avait fermé à cause de la guerre qui devenait de plus en plus proche, je vivais dans une maison, mal entretenue, ma cousine et ces fils n'avaient pas une super hygiène, on dormait tous sur des matelas au sol, il y avait pleins de chats et chatons qui entraient et sortaient comme dans un moulin, des crottes de partout sur les tapis... Le grand fils était très nerveux, je pense qu'il était psychiquement malade, il devait avoir 30 ans ou moins, l'autre frère était plus calme et réservé mais bizarre quand même, il travaillait dans une banque... Dès fois ils essayaient de me toucher ou me demandaient de les toucher, les embrasser, je ne savais pas très bien et j'ai fini par en parler à ma cousine, ils n'ont plus continué.

Personne ne m'avait expliqué quoi que ce soit sur la sexualité, le changement du corps, les règles... Ces sujets là, on n'en parlait pas, je savait juste que les jeunes filles devaient être vierges... C'est tout !

Quelques mois apres la mort de ma mère, je reçoit un coup de téléphone de cette oncle de France, le frère de ma mère qui avait gradit chez mes parents, il me demande de venir en France. Je ne savais pas quoi répondre à cette proposition, je ne voulais pas quitter ma terre et en même temps qu'est ce que j'allais devenir ici avec ma cousine vieillissante et ces 2 fils que je n'appréciais pas du tout.

J'ai reçu une invitation de la part de mon oncle pour venir en France, je ne pouvais pas partir seule à 14 ans et 1/2, il fallait que quelqu'un m'accompagne... En sachant ça, mon autre cousine qu'avait récupéré mes livrets de banque a demandé à mon oncle de France de lui envoyer une invitation pour qu'elle puisse m'accompagner. Une fois son invitation reçu, elle voulait que je parte tout de suite avec elle, ses enfants et son mari pour la France ! Je ne voulais pas partir avant que la stèle de la tombe de ma mère n'était pas fait et puis je n'étais pas prête... j'avais même essayer de fumer une cigarette et boire de la bière pour noyer mon chagrin et me rebeller.

La semaine d'après, ma cousine et sa famille qui devaient m'accompagner, étaient parties sans moi.

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Ma décision

Ah la famille ! J'en suis déçue, écœurée ! Comment peut on profiter d'une petite fille, orpheline et complètement perdue ? 

J'avais tellement à penser que je ne faisais même plus attention à tout le profit qui tiraient ces gens, autour de moi, soit disant ma famille, surtout côté paternel. 

J'ai mis quasiment 1 an à me décider. J'avais fait la stèle pour la tombe de ma mère, j'avais payé une certaine somme à la mairie pour qu'on accepte de changer ma date de naissance sur mes papiers d'identité (passer de 15 à 18 ans) pour pouvoir voyager seule, j'avais recuperé une avance de 2 ans de loyer aux locataires de mes boutiques et enfin j'avais acheté une grosse valise et un grand sac à dos avec quelques vêtements et j'avais changer un peu d'argent en dollars .. Ça y est cette fois j'étais prête à quitter ma terre !

Je me suis rendue sur la tombe de mes parents pour leur dire au revoir, je pleurais, j'avais peur, et je les avais supplié de me donner le courage nécessaire de m'en sortir, c'était très difficile de tout laisser, sa terre, son peuple, ses connaissances, ses repères, ses souvenirs... Tout quoi !

Me voilà prête pour m'envoler dans une toute autre aventure dont je n'avais aucune idée, je ne connaissais ni la France, ni la langue, ni les personnes qu'allaient m'accueillir (oncle que je n'avais jamais vu), ni la culture et ni l'avion et encore moins, de partir TOUTE SEULE !  Bref, j'avais dit au revoir à tout le monde, j'avais jeter un dernier coup d'œil aux ruines de ma maison (d'avant), le jeune fils de ma cousine et un voisin m'avaient accompagné à l'aéroport de Kaboul. Ça y est, cette fois c'était réelle, j'allais vraiment partir, je n'allais peut être jamais revoir mon beau pays...c'était le 5 juin 1991.

C'etais la première fois que je venais dans un aéroport, j'étais occupée à faire correctement les papiers de l'enregistrement pour le vol, à bien me repérer pour ne pas me tromper d'avion... Une fois assise dans l'avion, mes larmes coulaient sans cesse, j'étais inconsolable, j'avais peur et il n'y avait personne pour me rassurer ! 

 

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Le voyage

Larmes aux yeux, j'attendais le décollage de l'avion Ariana Airlin, une compagnie Afghane, un 347, à destination de Moscou. Quand l'avion a décollé, on aurait dit que mon cœur était sur terre et mon corps dans l'avion et au fur à mesure que celui ci prenait de l'altitude, mon coeur se déchirait, c'était une étrange sensation.

Je devais faire, de Kaboul à Moscou, de Moscou à Prague et enfin à Paris, l'escale à Moscou était long, j'avais demandé de l'aide à une hôtesse de l'aéroport de Moscou pour qu'elle m'explique la suite de mon voyage, à quelle heure et où devais je prendre l'avion pour Prague et Paris ?  Elle m'avait dit que l'avion pour Prague était à 6h45 et moi j'avais compris 7h15, non pas moins le quart mais, et quart ! Me voilà dans la panique, l'avion était parti et moi, j´etait restée à Moscou ! 

Il fallait que je me débrouille et que je trouve une solution, je ne comprenais pas le russe et ne connaissais que quelques mots, j'avais fini par trouver un afghan qui m'avait accompagné au guichet et avais changé mes billets pour un autre avion le lendemain, et m'avait expliqué qu'il y avait un hôtel à côté de l'aéroport pour passer la nuit.

Enfin un peu rassurée...  j'avais prit un bus pour me rendre à l'hôtel, je n'avais encore jamais dormi dans un hôtel.

Je me souviens que j'avais pris une douche et voulais écouter ma petite radio-cassette rouge de la marque Nova que j´avais acheté à Kaboul avec 20 cassettes de chansons afghane et indienne (Boolywood), j'avais allumé la radio et ne comprenais pas pourquoi, ça ne parlait pas en perse (afghan), toutes les stations parlaient russe, j'avais besoin d'entendre ma langue pour me rassurer, je ne savais pas que les ondes radio changeaient ! J'avais fini par mettre mes cassettes et m'étais endormie.

Le lendemain au réveil, j'avais pris un petit déjeuner et était repartie à l'aéroport, l'avion m'attendait et me voilà repartie pour Prague, l'escale à Prague n'était que d'une heure et cette fois je n'allais pas bouger de l'avion ! On peut se tromper une fois, ça sert de leçon, mais pas deux, c'était ce que me disait mon père.

Me voilà à Paris, à l'aéroport de Roissy, on était le 6 juin 1991, alors là, ça change, ça me paraissait plat (Kaboul est situé à 2700m), les gens était plus claire de peau, des cheveux blonds, ils parlaient bizarrement ... Il pleuvait.

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10 novembre 2015

L'arrivée en France

Un immense aéroport, des milliers de personnes, et moi au milieu de tout ça.

Je disposais d'une photo de mon oncle et sa famille, sa femme francaise et ses 3 garçons et d'un numéro de téléphone, de plus j'étais normalement attendue pour la veille. Au bout de 2 h de recherche et en ne sachant pas parler le français, j'ai demandé à tout hasard, à une dame en lui tendant le numéro de téléphone, de m'aider à retrouver ou d'appeler mon oncle... Et là, coup de chance, c'était la femme de mon oncle.

Elle appel mon oncle et me prends dans ses bras, elle me parlait en Anglais, elle avait des larmes aux yeux et contente de m'avoir trouvé... Je n'arrivais pas à pleurer, je ne connaissais pas cette dame, ni cet oncle et ni le petit garçon d'environ 7 ans qui les accompagnait. Je me sentais bizarre... C'est étrange, je n'arrive pas à l'expliquer, pourtant c'était un sentiment intense et inexplicable, ce n'était ni de la joie, ni de la tristesse, ni la peur... Alors c'était quoi ? Je ne sais pas ... 

Déjà, on m'attendait en pensant que j'allais arriver voilée, et bien non, je portais un pantalon et une veste en jeans avec mon sac à dos Best Montana (hé, c'était une marque de luxe en Afghanistan !), et puis ni mes parents ni moi étions voilés en Afghanistan !

Je parlais un peu avec mon oncle, en perse, on avait fait les présentations et on etait monté dans une voiture en direction de leur maison et du coup mon nouveau lieu d'habitation aussi. Oh la la, je n'avais jamais fait autant de route de ma vie, environ 4 à 5 heures de voiture, il n'y avait pas d'autoroute en Afghanistan ou du moins j'en connaissais pas. 

Je me demandais s'il y avait des habitations et des gens dans ce pays, ou pas ... À travers la vitre et entre les gouttes de pluies, je voyais au loin, des lumières, des champs, des bottes de foin, des vaches ... et puis c'est tout, que de la route et encore de la route. J'essayais de parler au petit garçon, mon cousin mais il ne parlais ni le perse, ni l´anglais.

On s'était arrêté dans un aire de repos pour manger un bout, je ne connaissais pas les cafétérias, avec tous ces plats differents et des tas de choses en abondance que je ne connaissais pas du tout... Devinez ce que j'ai choisi ? ... ANDOUILLETTE et frites ! Mon oncle m'avait expliqué que c'était du porc, mais je ne sais pas pourquoi, je lui ai répondu que j'en avais déjà mangé et c'était mon choix ?! Alors que ce n'était pas vrai... Du coup je sais pourquoi (enfin je crois), c'était ma manière à moi de leur faire comprendre que c'était moi qui decidais pour moi et personne d'autre !

Enfin, une ville avec des maisons et des gens... On s'était arrêté pour récupèrer 2 autres garçons, chez une dame (la nounou),  ils avaient 11 et 4 ans et ne parlaient pas non plus, ni perse ni anglais ! 

Me voilà en Bourgogne, dans une maison à la campagne, avec des inconnus, des enfants qui me regardaient bizarre et se demandaient, d'où je sortais... Tout comme moi, qui me demandais, qu'est ce que je faisais là, pourquoi j'avais pris la décision de partir ...

À part mon oncle, je ne comprenais personne, ni la télévision, ni la radio... Pfff c'était ennuyeux , j'en avais marre... Pourquoi moi, tout d'un coup, je me retrouve sans personne, sans terre et racine à l'autre bout du monde... Le pire c'était de ne pas pouvoir en parler à quelqu'un qui me connaissait et qui me comprenait... C´etait comme ça et je n'avais pas le choix, la vie me l'avait imposé ainsi...

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L'adaptation et l'apprentissage de la langue

Je ne me rappel plus exactement de tous les détails, je me souviens que les premiers temps, je me retrouvais parfois toute seule, les enfants avaient école et mon oncle et sa femme travaillaient, parfois il y avait une dame qui venait faire le ménage, j'essayais de regarder la télévision, toutes ces chaînes différentes, des dessins animés, des series, des émissions ... que je ne comprenais même pas ! 

Les midis, ils rentraient pour manger... Un truc que je ne comprenais pas, c'était : pourquoi à la fin de chaques repas, on sortait un plateau avec une cloche dessus, et ça sentait mauvais, et en plus ils le mangeaient ! Ah, dégoûtant (et dire que maintenant, j'adore ces fromages !), je me disais qu'ils etaitent fous ces gens là ! mais quand on ne connais pas, ça fait bizarre !

Ah oui, j'avais également eu très peur, des fruits de mer, des bêtes avec des antennes et des pattes (crevettes, crabe, homards...), eh oui il n'y avait pas la mer en Afghanistan ! C'était hors de question que je mange ces trucs là ! La Bourgogne et ses escargots, mon dieu, pour moi c'était la femme des limaces, alors non, je n'en voulais pas, et puis, des grenouilles (la cuisse), ça aussi, c'était la femme des crapauds (en Afghanistan, les crapauds sont énormes et pas beau du tout ! ). 

Ça devait être très difficile pour eux aussi d'essayer de me comprendre, je n'était certainement pas très facile non plus ! 

J'ai su qu´un de mes cousin côté paternel vivait en France, avec sa femme afghane et ses 3 fils, ils étaient venus me voir chez mon oncle et m'avaient proposer de venir chez eux en vacances, si un jour ça me disais.

Il y a eu les vacances scolaires, mon oncle et sa famille avaient décidé de partir à la montagne, avec moi bien sûr, là aussi je n'arrivais pas à comprendre, pourquoi il fallait marcher et grimper la montagne sans but précis et à écouter un guide qui donnait des explications sur les fleurs, les arbres... En Afghanistan, on était obligé de monter et marcher dans la montagne et c'était pénible... Là, c'était pour le plaisir !

À la rentrée 1991, je suis rentrée à l'école, en 4ème, je suivais uniquement les cours de mathématique et d'anglais, le français, je l'apprenais à part, dans une ZUP, dans des préfabriqués, avec d'autres étrangers, j'écoutais sans cesse un Walkman avec des cassettes de français et j'apprenais, tous les jours un peu plus. Ma tante m'aidait beaucoup.

Dans le village, on commençait à me connaitre, j'étais la seule étrangère orpheline qui venait d'arriver, peut être que je les intriguais ? Et puis, j'avais vu le médecin du village, qui m'avait ausculté, m'avait posé des questions sur mes quelques cicatrices (en Afghanistan, j'avais essayé de graver des mots (seule, perdue...) avec une lame de rasoir sur mon avant bras), j'avais répondu que c'était la guerre, parce que j'avais honte de la vraie raison !

Et puis, j'avais appris à faire du vélo, à 15 ans, oh que j'avais mal à l'intérieur des cuisses, je n'avais pas l'habitude de m'assoir sur une selle de vélo, et le nombre de chutes que j'ai pu faire... Eh oui, à 15 ans, il n'y a plus de roulettes sur les vélos !

Haha, et les règles, c'est quoi ? En Afghanistan, personne ne m'avait expliqué que les jeunes fille avaient leur menstruation tous les mois ! J'avais juste entendu, qu'une jeune fille devait être vierge pour son mariage et que le lendemain du mariage, on mettait le draps tâché de sang à la fenêtre pour montrer qu'elle etait bel et bien vierge. Mais je ne savais pas d'où venait ce sang et ni comment... Bref, en gros je ne savais pas comment faisait on les bébés ?!!!

Du coup, j'avais du sang sur la culotte, je ne pouvais pas en parler à mon oncle et je ne savais pas comment le dire en français à ma tante, j'ai fini par lui en parler (je ne sais plus comment, peut être avec des gestes ?), en lui garantissant que personne ne m'avais touché et que je n'avais rien fait de mal ou d'incorrecte avec un garçon, elle m'avais donné une serviette hygiénique, je m'etais débrouillé avec ça, je ne voulais plus trop m'assoir. Elle en avait parlé à mon oncle, du coup je me sentais très gênée et mal à l'aise quand il a voulu m'expliquer pour les serviettes hygiéniques ! 

Cela faisait déjà quelques mois que j'etais en France, je m'exprimais de mieux en mieux, d'ailleurs, en cour d'année scolaire je suis passée du 4eme en 3eme et j'ai obtenu mon Brevet des collèges !

Je commençais à avoir des copines a l'école, avec qui je pouvais enfin discuter.

A la maison, c'était parfois difficile, je n'aimais pas qu'on me dispute (ce n'étaient pas mes parents !), et puis je souffrais énormément quand je voyais les enfants faire des câlins à leurs parents, j'en voulais aussi, du coup ça me rendais jalouse et en colère...

Et puis il y a eu quelque chose, quelque chose que je n'arriverais pas à expliquer, quelque chose qui s'était déjà produit en Afghanistan, je ne savais pas si c'était normal et me disais que c'était peut être comme ça que ça fonctionnait ... Bref, je n'en dirais pas plus !

 

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11 novembre 2015

Bientôt, mes vrais 18 ans !

Je m'étais fait quelques copines et copains à l'école, on discutait de tout et de n'importe quoi... Des potes m'avais invité à un bal, je ne connaissais pas les bals, j'avais bu comme eux, du "blanc cass", et me voilà complètement bourrée ! Ma première cuite de mon existence, à 17 ans !  Je me rappel d'être partie en vélo mais je savais plus pourquoi, je me suis retrouvée dans la baignoire, habillée, pleins de vomis et qu'on me disputait ?! Eh oui, la seule étrangère du coin, on savais où elle habitait... C'etait un voisin qui m'avait trouvé parterre et qui avait prévenu mon oncle... Le réveil etait dur, il fallait que je lave mon blouson plein de vomis et que je donne des explications sur mon état de la veille !... Oh mais je n'en savais rien, je n'avais tout simplement jamais bu du vin blanc mélangé avec du cassis, jamais bu de l'alcool tout court ! (sauf une 1/2 bière en Afghanistan,pour me la jouer rebelle !)

J'avais entendu qu'en France, à 18 ans, on devenait adulte et qu'on pouvait partir de chez ses parents... Ah, cette information n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde ! Elle me trottait dans la tête et je me disais qu'en plus ils n'étaient même pas mes parents, raison de plus pour partir dès mes 18 ans et montrer que j'étais suffisamment capable de m'en sortir seule, j'avais cette espèce de fierté, que j'ai toujours d'ailleurs, c'était d'y arriver par moi même, et de ne dépendre de personne... Déjà, il était impératif de choisir une voie qui menait rapidement dans le monde du travail...alors au lieu de choisir un bac F8 (SMS), j'avais opté pour un BEP sanitaire et social.

J'avais passé le BAFA, du coup je pouvais déjà travailler un peu et connaitre ce monde de travail, de plus, ces petits jobs d'été  ce passaient très bien et on était content de mon travail !

La seule chose que j'avais en tête, c'était de partir, pourtant avec ma tante et mes cousins tout ce passait bien, parfois on se chamaillait en mettant nos brosses à dents dans les WC a tour de rôle ou en déchirant les posters de l'un de l'autre, mais rien de méchant... Ça fait drôle d'y repenser, on etait bête quand même ! D'aller mettre le brosse à dent de l'autre aux toilettes ! Ben voyons !!!

Ah oui, on etait aussi parti à l'océan, au Bassin d'Arcachon, la dune du Pilat... Je n'avais jamais vu un étendu aussi immense et vaste d'eau, de ma vie ! Impressionnant, j'en avais même peur, j'avais l'impression que les vagues en se retirant, m'amenaient avec eux ! Ça me donnait le vertige ! On m'avait même dit que je pouvais voir la statue de la liberté de l'autre côté de l'océan, ben je m'étais mis sur la pointe des pieds pour pouvoir voir l'Amerique ! Pfff ... Je n'aimais pas qu'on se moque de moi et encore moins, quand on me disait : " mais qu'est ce qu'on t'apprenais a Kaboul?"

Du coup, j'inventais des trucs, en disant que j'avais fait telle et telle chose, alors que ce n'était pas vrai, moi aussi, je voulais me donner de l'importance...

J'étais également partie quelques fois en vacance, chez ce cousin avec sa femme afghane et ces 3 fils, j'aimais bien, chez eux je retrouvais un peu de mon Afghanistan (plats afghan, musique afghane ou indienne...).... Et puis il s'est passée quelque chose, toujours cette chose, et en plus en présence d'une femme...et une afghane en plus... Je me demandais vraiment si c'était quelque chose de normale ou pas...c'était peut être ainsi qu'il fallait faire pour remercier les gens qui m'aidaient.... Grrrr... Je m'en veux car j'avais un pressentiment et un mal être et je n'en avais parlé à personne... Je ne pouvais pas, je ne savais pas...bref je n'y suis plus retournée !

Durant mon BEP, j'avais appris beaucoup de choses sur le corps humain, et surtout sur le fonctionnement du corps de la femme, la fécondation, la grossesse.... Tout s'éclairait dans ma tête et me mettait len colère, j'avais la haine, j'en voulais au monde entier et surtout aux Afghans, ma propre race, à la connerie humaine en somme ! ...

Je me disais : Oh allez, ce qui est fait est fait, il faut aller de l'avant et partir, être indépendante... Alors on enfoui tout ça bien caché au fond et c'est reparti... C'était la vie !

On m'avais trahi, blessé, abusé de mon innocence et de ma naïveté...pire que la guerre, la vraie guerre qui tue... A ce stade, je ne savais pas bien si j'avais vraiment pris la bonne décision !?... 

Mes 18 ans arrivait à grand pas...  Et je ne sais pas comment ni par quel moyen, j'avais entendu quelque chose me concernant...

 

Posté par Kaboulyon à 16:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

LE cadeau de mes 18 ans !!!

Je ne sais pas si je l'avais lu dans une lettre ou on m'en avais vaguement parlé, en tout cas il fallait que j'éclaircisse cette histoire...

Ce jour là, j'avais demandé à mon oncle et ma tante, si mon oncle etait vraiment mon oncle, ah... silence... 

Et là, on m'explique calmement que, mes parents en Afghanistan ne pouvaient pas avoir d'enfant, c'était pour cette raison que mon oncle, le petit frère de ma mère, vivait avec eux, puis quand il etait parti pour la France, mes parents avaient décidé d'adopter un enfant et c'etait moi qu'ils avaient choisi, j'avais 3 jours !!! ... Plus personne...je ne savais plus si c'était la vraie vie , un cauchemar ou quelqu'un ou quelque chose qui voulait tester ma résistance et ma capacité à encaisser ? ... On aurait dit que physiquement, j'étais là mais intérieurement, tout se cassait la figure, toutes ces choses que j'avais vécu, s'envolaient !... Je n'était même plus triste, ni gaie, je n'avais plus de sentiments, vide, pas d'émotion, une Pierre, quoi !!! Voilà le cadeau pour mes 18 ans !!! 

J'étais quelqu'un et hop d'un coup et d'un seule, je n'étais plus personne, ah oui ça secoue ! ... La cerise sur le gâteau c'était que, les seules personnes qui savaient de qui je venais, étaient mes parents adoptifs et ils étaient mort !

Je crois que ça faisait beaucoup, pour une personne, il fallait me laisser tranquille, il fallait que je sorte et que je prenne l'air... Il y avait un canal, je m'étais assise au bord, je regardais l'eau, les reflets des nuages, je réfléchissais et je maudissais mes parents de ne m'avoir rien dit... Là j'avais de la haine et de la rage, je ne comprenais pas pourquoi le sort s'acharnait sur moi, ainsi ! ... C'était la vie ! Pu...mais quelle vie de merde !!! ...

Posté par Kaboulyon à 18:04 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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12 novembre 2015

À la recherche de mon identité

Ah ! Il fallait que je fasse quelque chose, il fallait que je sache ... quand on ne le vit pas, on ne peut pas savoir à quel point c'est important de savoir, qui on est, d'où on vient, de qui...

Des recherches, ok, mais il fallait que je parte, n'importe où mais le fallait... Au fur et à mesure que je faisais ma valise dans ma chambre et que je tombais sur une photo de moi et "ma famille", je les déchirais, j'avais tellement pleuré que je n'avais même plus de larmes, je fumais en cachette par le vasistas et j'écoutais de la musique afghane pour me consoler, je n'avais vraiment personne, j'etais SEULE AU MONDE ! 

J'avais entendu parler de l'existence, des assistantes sociales, des foyers d'hébergement pour les jeunes et de la DDASS... J'avais rencontré une assistante sociale qui m'avais trouvé une place dans un foyer pour jeunes travailleurs, une chambre avec WC (douche commune et possibilité de faire ses repas), mais il fallait attendre 1 semaine... Ah non c'était tout de suite que je voulais partir ! Il m'avait accueilli en France parce qu'il avait une dette envers mes parents adoptifs ! Et c'est tout ... Sinon....en tout cas c'est ce que je pensais !

Seule le foyer de la DDASS pouvait m'accueillir tout de suite, en attendant la chambre au foyer jeunes travailleurs... Entre-temps j'avais fait des recherches, j'avais appelé mes "cousins et cousines", aux USA, canada et Kaboul, j'avais fini par trouver la sage femme qu'avait aidé ma mère à accoucher... Elle habitait au Canada et se souvenait de mes parents adoptifs.... Ma mère était décédée en me mettant au monde et mon père était à la guerre au Kashmir, j'avais 3 jours, quand, ce couple qui n'avait pas d'enfant m´avaient adopté ! Je n'ai pas pu en savoir plus, c'était déjà pas mal !

Maintenant que je savais un peu plus sur moi, j'avais de nouveau cette envie d'y arriver, quoi qu'il arrive je ne baisserais pas les bras !

Allez, en avant !!!...

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